Aller au contenu principal
Accès DGFiP
Fiche de cours

Bâtir un plan démonstratif et rédiger des titres en phrases

8 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques

Testez-vous · sans compte

Vrai ou faux ?

Un plan dont les parties correspondent aux grands thèmes du dossier (le logement, l'emploi, la santé) est un plan dynamique.

Le plan est ce que le correcteur lit juste après l'introduction, et souvent ce qu'il retient : quatre titres qui portent chacun une idée disent en quelques lignes si la note répond à la commande. Le guide de l'ENFiP (École nationale des finances publiques) demande un plan dynamique, dont les parties sont « les étapes essentielles dans la démonstration » et non des « tiroirs thématiques », et des titres « précis et explicites », rédigés sous forme de phrases. Cette fiche entraîne quatre gestes : reconnaître un plan qui démontre, choisir sa forme d'après la commande, écrire des titres qui disent une idée, et ranger chaque idée du dossier à sa place.

À retenir

  • Un plan dynamique enchaîne les étapes d'une démonstration qui répond à la commande ; un catalogue de thèmes, de dates ou de documents ne suffit pas. Une progression chronologique reste possible si elle répond à la question par des idées articulées.
  • La commande donne souvent la forme et l'ordre du plan (« d'une part… d'autre part », « en soulignant…, mais aussi… ») : le guide note que le plan « peut éventuellement être suggéré dans l'énoncé du sujet », et le rapport du jury 2026 relève que le plan fourni dans l'énoncé a été correctement respecté.
  • Forme proposée par le guide : deux parties (I, II) de deux sous-parties (A, B), chaque sous-partie portant deux ou trois idées, chacune avec son exemple ; trois parties restent possibles, sauf si l'intitulé invite à deux.
  • Les parties et sous-parties sont équilibrées et d'un intérêt équivalent ; tout l'essentiel du relevé d'idées trouve sa place dans le plan, une fois et une seule.
  • Les titres sont apparents, précis, explicites et rédigés en phrases ; le guide écarte les titres du type « constat » ou « problème ». Un titre dit ce que le dossier établit, jamais un avis.
  • Une idée se range d'après la question de la commande à laquelle elle répond ; une idée qui n'entre nulle part signale un trou dans le plan, ou une idée hors de la commande.

Un plan qui démontre, pas un plan qui range

Le guide de l'ENFiP le dit en une phrase : « Les différentes parties du plan ne sont pas des tiroirs thématiques mais les étapes essentielles dans la démonstration. C'est ce que l'on appelle un plan dynamique. » Le test est simple : lus à la suite, les titres doivent raconter une réponse à la commande. « I. Le logement — II. L'emploi » ne raconte rien ; « I. Des leviers qui rompent avec la logique de l'urgence — II. Des résultats encore en deçà des objectifs » répond à « le programme atteint-il son objectif ? ».

Quatre plans qui rangent sans démontrer
PlanCe qu'il faitPourquoi il ne répond pas
Catalogue de thèmesUne partie par sujet du dossier (le logement, l'emploi, la santé)Les parties se juxtaposent ; aucune n'avance vers une réponse
Chronologie sans analyseAvant la réforme, après la réforme, sans mise en relationUn simple classement des dates ne suffit pas ; une progression chronologique peut répondre à une commande d'évolution si chaque période porte une idée et si leur enchaînement est démonstratif
Par document ou par sourceCe que dit la Cour des comptes, ce que dit la presseC'est un résumé du dossier, non une synthèse qui croise les documents
Thèse, antithèse, avisLes partisans, les détracteurs, notre positionC'est une dissertation ; la synthèse n'exprime aucun avis
Des couples qui font un plan dynamique
FormeQuand la commande l'appelleExemple de couple de titres
Constat, puis enjeux« présenter la situation et ce qu'elle implique »Une consommation d'énergie élevée et mal connue — Des enjeux budgétaires et climatiques qui imposent d'agir
Problème, puis réponses« les difficultés… et les mesures engagées »Une fracture numérique qui exclut des usagers — Des réponses qui réintroduisent l'accompagnement humain
Acquis, puis limites« les résultats… et les limites »Des recrutements relancés par des mesures salariales — Une attractivité encore fragile sur certains métiers
Leviers, puis résultats« d'une part, les leviers utilisés et, d'autre part, les résultats obtenus » (sujet 2022)Un changement de modèle porté par des moyens accrus — Des résultats encourageants mais en deçà des cibles
Atouts, puis adaptation« est parvenu à résister… et a su s'adapter » (sujet zéro)Un marché aux solides atouts qui a surmonté la crise — Un marché qui s'adapte aux attentes nouvelles

Quand la commande dit « d'une part… d'autre part », « en soulignant…, mais aussi… » ou « les dérives… ainsi que les mesures », elle donne les deux parties et leur ordre : les inverser ou en ajouter une troisième s'écarte de ce qu'elle demande. Le rapport du jury 2026 relève que le plan fourni dans l'énoncé a été correctement respecté : c'est un point acquis, à ne pas perdre.

Deux parties, deux sous-parties, deux ou trois idées

Le guide demande « un plan en 2 parties (I, II) et deux sous-parties (A, B) », chaque sous-partie comportant « 2 ou 3 idées » ; les plans en trois parties « sont également possibles sauf si l'intitulé de la question vous invite à un plan en 2 parties », et une partie peut avoir trois sous-parties « dès lors que la démonstration est logiquement apportée ». Les parties et sous-parties « doivent être équilibrées et présenter un intérêt équivalent », « une idée s'accompagne toujours d'un exemple », et « tous les éléments essentiels du relevé d'idées doivent s'intégrer » dans le plan.

Sous-partie d'un plan détaillé, telle qu'elle s'écrit au brouillon (dossier fictif sur la sobriété énergétique des bâtiments publics) : « I-B. Un parc mal connu, dont la consommation est rarement mesurée — idée 1 : moins d'un tiers des communes du dossier suivent leurs consommations (doc. 2) ; idée 2 : les audits énergétiques obligatoires restent inégalement réalisés (doc. 4) ; idée 3 : les factures ne distinguent pas les bâtiments entre eux (doc. 2). »

Ce qui compte est la forme : un titre qui dit l'idée, deux ou trois idées en dessous, chacune avec son document.

Le déséquilibre se lit au brouillon : une partie de dix idées face à une partie de trois cache souvent deux parties dans la première, ou des idées qui répondent en réalité au second axe de la commande. Rééquilibrer avant d'écrire coûte cinq minutes ; après, c'est impossible.

Des titres qui disent une idée

« Le plan est matérialisé par des titres apparents rédigés sous forme de phrases et indiquant un thème d'ensemble », écrit le guide, qui demande des titres « précis et explicites » et écarte ceux « du type “constat” ou “problème” ». Indiquer un thème d'ensemble en une phrase précise, c'est dire ce que la partie en établit : un titre rédigé contient un sujet et ce qu'on en dit : « Un financement qui repose de plus en plus sur les ressources propres » annonce une idée ; « Le financement » annonce un tiroir. Le titre d'une sous-partie est la phrase que ses deux ou trois idées illustrent ; le titre d'une partie, celle que ses deux sous-parties démontrent. Le corrigé officiel du sujet zéro procède ainsi : « Une industrie de la cosmétique française économiquement forte malgré la crise », et non « La situation économique ».

Du titre-étiquette au titre-idée
Titre-étiquetteTitre rédigé
I. Le constatI. Un parc de bâtiments publics ancien, dont la consommation pèse sur les budgets locaux
II. Les solutionsII. Des leviers de sobriété connus, dont le financement reste le point d'achoppement
A. Les causesA. Une vacance commerciale nourrie par le déplacement des achats vers la périphérie
B. Les chiffresB. Une fraude dont le montant, difficile à établir, pèse sur les finances publiques

Confusions fréquentes

Le titre-question
« Quelles solutions pour les centres-villes ? » annonce qu'une réponse viendra ; le titre attendu est cette réponse. Une question en titre reporte le travail sur le lecteur.
Le titre qui prend parti
« Un plan de relance insuffisant » devient un jugement personnel si cette appréciation ne ressort pas du dossier. Un titre peut présenter les limites établies par les documents ; il ne doit ni les inventer ni reprendre à son compte une prise de position. Une formule comme « une loi enfin adoptée » ajoute une appréciation à éviter.
Le titre qui promet plus que la sous-partie
« Des financements diversifiés » au-dessus d'un paragraphe qui ne cite que le budget de l'État : le lecteur cherche la diversité et ne la trouve pas. Relire chaque titre contre son paragraphe, et corriger l'un ou l'autre.
La sous-partie qui contredit sa partie
Si la commande distingue les gains de la dématérialisation puis les publics laissés à l'écart, une sous-partie sur l'exclusion ne démontre pas les gains annoncés en I : elle se place sous le second axe. Le bénéfice pour une majorité et l'exclusion d'une minorité peuvent coexister ; c'est le classement dans le plan qui est en cause.

Ranger chaque idée à sa place

Une idée relevée se range d'après la question de la commande à laquelle elle répond, puis d'après le titre de sous-partie qu'elle illustre. Si elle n'entre nulle part, vérifier si le plan a un trou ou si l'idée est hors commande. Si elle sert deux parties, la développer là où elle contribue le mieux au raisonnement, en évitant les répétitions inutiles. Une proposition personnelle est réservée à l'exercice n° 2 ; une recommandation formulée dans le dossier peut être restituée dans la synthèse, attribuée à son auteur, si elle répond à la commande.

Au brouillon, numéroter chaque idée du relevé et reporter le numéro dans le plan détaillé : à la fin, chaque numéro figure une fois, et une seule. Les numéros absents disent ce qui manque ; les numéros doublés, ce qui se répète.

Les sigles de la fiche

ENFiP
École nationale des finances publiques

Se tester : vrai ou faux ?

Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.

  1. 1.Un plan dont les parties correspondent aux grands thèmes du dossier (le logement, l'emploi, la santé) est un plan dynamique.Voir le corrigé

    Faux

    Le guide écarte les « tiroirs thématiques » : un plan dynamique enchaîne les étapes d'une démonstration qui répond à la commande.

  2. 2.Selon le guide de l'ENFiP, chaque sous-partie comporte deux ou trois idées.Voir le corrigé

    Vrai

    « Chaque sous-partie doit comporter 2 ou 3 idées », et une idée s'accompagne toujours d'un exemple.

  3. 3.Quand l'intitulé dit « d'une part… et d'autre part… », un plan en trois parties reste le meilleur choix.Voir le corrigé

    Faux

    Le guide admet trois parties « sauf si l'intitulé de la question vous invite à un plan en 2 parties » : c'est précisément ce cas.

  4. 4.Le guide demande d'éviter les titres du type « constat » ou « problème ».Voir le corrigé

    Vrai

    Les titres doivent être « précis et explicites » ; ces mots annoncent un thème, pas une idée.

  5. 5.Un titre de partie peut exprimer l'appréciation du candidat sur le dispositif étudié, à condition d'être rédigé en phrase.Voir le corrigé

    Faux

    Rédigé en phrase, oui ; mais le titre dit ce que le dossier établit, jamais ce que le candidat pense : la synthèse ne prend pas parti.

  6. 6.Le rapport du jury 2026 relève que le plan fourni dans l'énoncé a été correctement respecté par les candidats.Voir le corrigé

    Vrai

    Le rapport le relève avec une méthode « globalement connue » et une compréhension du sujet jugée satisfaisante ; il regrette en revanche l'exploitation insuffisante des documents et la paraphrase.

  7. 7.Une idée du dossier qui n'entre dans aucune sous-partie peut être placée en transition pour ne pas la perdre.Voir le corrigé

    Faux

    Une idée orpheline signale un trou dans le plan ou une idée hors commande ; la transition relie deux parties, elle ne recueille pas les restes.

Textes de référence

Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.