Les ressources d'emprunt et les autres ressources
13 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques
Testez-vous · sans compte
Vrai ou faux ?
Le besoin de financement de l'État se limite au montant du déficit budgétaire de l'année.
Le déficit et la dette ont leurs définitions ; ce module regarde la mécanique qui les alimente au jour le jour : comment l'État calcule ce qu'il doit lever sur les marchés, comment l'Agence France Trésor le lève, et quelles ressources, plus discrètes que l'impôt, complètent le budget. Fonds de concours et prélèvements sur recettes obéissent chacun à un circuit précis, à distinguer des recettes fiscales ordinaires pour comprendre les ressources de l'État au programme du QCM.
À retenir
- Le besoin de financement de l'État comprend principalement le déficit budgétaire et le remboursement des titres arrivant à échéance, complétés par d'autres besoins de trésorerie. Il est couvert surtout par l'emprunt, mais aussi par d'autres ressources de trésorerie.
- L'Agence France Trésor émet, selon un calendrier annoncé à l'avance, des obligations assimilables du Trésor par adjudication, réservée à un cercle de banques spécialistes en valeurs du Trésor qui s'engagent à participer à chaque émission.
- Les recettes non fiscales regroupent notamment les dividendes versés par les entreprises dont l'État est actionnaire, les produits du domaine de l'État, dont la cession de fréquences hertziennes, les amendes et les intérêts des prêts consentis par l'État.
- Un fonds de concours permet à un tiers de contribuer volontairement à une dépense de l'État : les crédits correspondants sont ouverts par arrêté, en principe à hauteur des fonds reçus, et doivent être employés conformément à l'intention de celui qui les verse.
- Les prélèvements sur recettes, au profit des collectivités territoriales et de l'Union européenne, sont retranchés des recettes brutes de l'État avant l'article d'équilibre : ils ne figurent donc pas parmi les dépenses budgétaires, ce qui alimente un débat sur la mesure de la dépense publique.
- Le programme de financement de l'État prévoit 310 milliards d'euros d'émissions à moyen et long terme pour 2026, après 285 milliards en 2024 et 300 milliards en 2025 ; le refinancement des titres arrivant à échéance, plus que le déficit, en détermine désormais le volume.
Le besoin de financement de l'État
Le besoin de financement comprend principalement le déficit budgétaire et l'amortissement des titres arrivant à échéance, c'est-à-dire le remboursement des emprunts passés. Le tableau de financement ajoute les autres besoins de trésorerie et les ajustements nécessaires. En face, les ressources comprennent les émissions de dette à moyen et long terme nettes des rachats, la variation des BTF (bons du Trésor à taux fixe) et d'autres ressources de trésorerie : le total des besoins n'est donc pas égal au seul montant d'OAT (obligations assimilables du Trésor) à émettre.
Le programme annoncé pour 2026 prévoit 310 milliards d'euros d'émissions à moyen et long terme nettes des rachats. Ce montant constitue la principale ressource du tableau de financement ; il se combine avec la variation des BTF et les autres ressources de trésorerie pour couvrir les besoins.
Confusions fréquentes
- Le besoin de financement n'est pas le déficit
- Un déficit stable d'une année sur l'autre peut coexister avec un besoin de financement en forte hausse, si le montant des titres arrivant à échéance augmente : ne pas réduire l'un à l'autre.
L'Agence France Trésor et l'émission des titres
| Titre | Échéance | Mode d'émission |
|---|---|---|
| Obligations assimilables du Trésor (OAT) | Moyen et long terme, jusqu'à cinquante ans | Adjudication selon un calendrier annoncé à l'avance ; syndication pour certaines souches très longues |
| Bons du Trésor à taux fixe (BTF) | Court terme, jusqu'à un an | Adjudication hebdomadaire |
L'Agence France Trésor publie un calendrier prévisionnel des adjudications, qui indique à l'avance les dates et les catégories de titres proposées : cette prévisibilité rassure les investisseurs et contribue à un coût d'emprunt plus bas que des levées annoncées au dernier moment. Les adjudications sont réservées à un cercle d'établissements, les spécialistes en valeurs du Trésor, qui s'engagent en contrepartie à participer régulièrement aux émissions et à animer le marché secondaire de la dette française.
Les recettes non fiscales
| Catégorie | Exemple |
|---|---|
| Dividendes | Versements des entreprises dont l'État est actionnaire, dans l'énergie ou le transport aérien notamment |
| Produits du domaine | Cession de biens immobiliers de l'État, cession de fréquences hertziennes |
| Amendes | Amendes de circulation, sanctions prononcées par des autorités de régulation |
| Revenus d'intervention financière | Intérêts et remboursements des prêts consentis par l'État à des tiers |
Les recettes non fiscales représentent un montant très inférieur aux recettes fiscales, mais leur composition varie davantage d'une année sur l'autre : une recette exceptionnelle liée aux fréquences hertziennes ou un dividende exceptionnel peuvent faire fluctuer ce poste. La cession d'une participation financière de l'État relève, elle, du compte d'affectation spéciale dédié, distinct des recettes non fiscales du budget général.
Fonds de concours et prélèvements sur recettes
Un fonds de concours est une somme versée volontairement par un tiers, personne privée, collectivité territoriale ou institution de l'Union européenne, pour concourir à une dépense d'intérêt public déterminée. La loi de finances prévoit et évalue ces recettes et inclut les crédits susceptibles d'être ouverts dans ses plafonds. L'ouverture intervient par arrêté du ministre chargé des finances, à hauteur des fonds reçus ; certaines opérations d'investissement cofinancées permettent l'ouverture d'AE (autorisations d'engagement) avant encaissement. L'emploi doit respecter l'intention de la partie versante.
Une collectivité territoriale participe au financement d'une opération de rénovation d'un bâtiment public de l'État : sa contribution est rattachée par fonds de concours, et les crédits ouverts par arrêté ne peuvent financer une autre opération que celle convenue.
Les prélèvements sur recettes financent la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales et la contribution française au budget de l'Union européenne. Techniquement, ils sont retranchés des recettes brutes de l'État avant que celles-ci n'apparaissent dans l'article d'équilibre : ils ne sont donc jamais comptés parmi les dépenses du budget général. Ce choix de présentation nourrit un débat récurrent, notamment lors des discussions sur la norme de dépense de l'État : certains observateurs estiment qu'un classement en dépense donnerait une image plus complète de l'effort budgétaire consenti au profit des collectivités et de l'Union européenne.
Pour distinguer les deux mécanismes : un fonds de concours fait entrer une ressource extérieure dans le budget de l'État pour une dépense précise ; un prélèvement sur recettes fait sortir une part des recettes de l'État vers un tiers, sans jamais transiter par une dépense budgétaire.
Les sigles de la fiche
- AE
- autorisations d'engagement
- BTF
- bons du Trésor à taux fixe
- OAT
- obligations assimilables du Trésor
Se tester : vrai ou faux ?
Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.
1.Le besoin de financement de l'État se limite au montant du déficit budgétaire de l'année.Voir le corrigé
Faux
Il comprend principalement le déficit et l'amortissement des titres arrivant à échéance, ainsi que d'autres besoins et ajustements de trésorerie.
2.L'Agence France Trésor publie à l'avance un calendrier de ses adjudications.Voir le corrigé
Vrai
Cette prévisibilité rassure les investisseurs et contribue à réduire le coût d'emprunt de l'État.
3.Les spécialistes en valeurs du Trésor sont des services de l'État chargés d'émettre la dette.Voir le corrigé
Faux
Ce sont des établissements bancaires, distincts de l'Agence France Trésor, qui s'engagent à participer régulièrement aux adjudications.
4.Les recettes non fiscales de l'État varient davantage d'une année sur l'autre que les recettes fiscales.Voir le corrigé
Vrai
Une cession exceptionnelle, comme celle de fréquences hertziennes, peut faire fluctuer ce poste sans traduire une tendance durable.
5.Un fonds de concours peut être employé à une dépense différente de celle voulue par le tiers qui l'a versé, si l'intérêt général le justifie.Voir le corrigé
Faux
Son emploi doit rester conforme à l'intention de celui qui l'a versé ; c'est une condition du mécanisme, non une simple recommandation.
6.Un prélèvement sur recettes apparaît comme une dépense dans le budget général de l'État.Voir le corrigé
Faux
Il est retranché des recettes brutes avant l'article d'équilibre et n'est donc jamais comptabilisé parmi les dépenses du budget général.
Textes de référence
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances (texte consolidé) — Légifrance (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
- Bilan AFT 2024, communiqué du 29 juillet 2025 — Agence France Trésor (nouvel onglet)
- Besoins et ressources de financement 2026 et point 2025, annonce du 14 octobre 2025 — Agence France Trésor (nouvel onglet)
- PLF 2026 — Engagements financiers de l’État, tableau de financement 2024-2026 — Sénat (nouvel onglet)
- LOLF du 1er août 2001 — texte original publié par l'Assemblée nationale — Assemblée nationale (nouvel onglet)
- Modernisation de la gestion des finances publiques — texte définitif du 24 novembre 2021, loi organique du 28 décembre 2021 — Sénat (nouvel onglet)
- Les principaux outils de pilotage de l’exécution du budget, 9 octobre 2019 — Direction du Budget (nouvel onglet)
Accès DGFiP est un service indépendant : il n’est ni affilié ni validé par la Direction générale des Finances publiques. En cas de doute, le texte officiel fait foi.