Séries numériques et séries entières : convergence, rayon, développement
18 min de lectureAu programme du concours d’inspecteur des Finances publiques
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Vrai ou faux ?
Si une série numérique converge, son terme général tend vers 0.
Une série numérique est la suite des sommes partielles d'une suite donnée : la question posée par le programme est de savoir si cette suite converge, avec quels outils le montrer, puis comment prolonger l'étude aux séries entières, où une variable x remplace le rang n. Trois blocs de résultats suffisent : les critères de convergence pour une série numérique, le rayon de convergence d'une série entière, et les cinq développements usuels à connaître par cœur.
À retenir
- Une série numérique est associée à la suite des sommes partielles S indice n, somme des n premiers termes ; la série converge si cette suite a une limite finie, appelée somme de la série.
- Condition nécessaire de convergence : le terme général u indice n tend vers 0. La condition n'est pas suffisante : la série harmonique, de terme général 1 sur n, diverge alors que son terme général tend vers 0.
- Série géométrique de raison q : converge si et seulement si la valeur absolue de q est strictement inférieure à 1 ; sa somme vaut alors le premier terme divisé par (1 − q).
- Série de Riemann, de terme général 1 sur n puissance α : converge si et seulement si α est strictement supérieur à 1.
- Pour une série à termes positifs : comparaison, équivalents, règle de d'Alembert (limite du rapport u indice n+1 sur u indice n) et règle de Cauchy (limite de la racine n-ième de u indice n) permettent de conclure ; la convergence absolue entraîne la convergence, la réciproque est fausse.
- Critère de Leibniz pour une série alternée : si le terme général décroît en valeur absolue vers 0, la série converge, et le reste est majoré en valeur absolue par le premier terme négligé.
- Rayon de convergence d'une série entière (règle de d'Alembert ou formule de Hadamard) : convergence absolue à l'intérieur du disque, divergence à l'extérieur ; la somme y est continue et dérivable terme à terme, avec le même rayon.
Série et suite des sommes partielles
À une suite de terme général u indice n, on associe la suite des sommes partielles, S indice n égale la somme de u indice 0 à u indice n. La série de terme général u indice n converge si cette suite S indice n a une limite finie S, appelée somme de la série ; sinon la série diverge. Une condition nécessaire, mais non suffisante, découle immédiatement de la définition : si la série converge, u indice n, différence entre deux sommes partielles consécutives, tend vers S moins S, c'est-à-dire vers 0. Sa contraposée est l'outil le plus utilisé en pratique : si le terme général ne tend pas vers 0, la série diverge grossièrement, sans qu'aucun autre calcul soit nécessaire.
| Série géométrique | Série de Riemann | |
|---|---|---|
| Terme général | q puissance n, pour n ≥ 0 | 1 sur n puissance α |
| Condition de convergence | Valeur absolue de q strictement inférieure à 1 | α strictement supérieur à 1 |
| Somme ou nature | Premier terme divisé par (1 − q) | Convergence connue, pas de formule simple de la somme au programme |
Série géométrique de raison 1 sur 2 : la somme, pour n allant de 0 à l'infini, de (1 sur 2) puissance n vaut 1 divisé par (1 − 1 sur 2), soit 2. La série de Riemann de terme général 1 sur n, cas α = 1, est la série harmonique : elle diverge, mais très lentement — sa dixième somme partielle, 1 + 1 sur 2 + 1 sur 3 + … + 1 sur 10, vaut environ 2,93.
Séries à termes positifs, convergence absolue, séries alternées
Pour une série à termes positifs, deux méthodes de comparaison suffisent le plus souvent. Comparaison : si 0 ≤ u indice n ≤ v indice n à partir d'un certain rang et si la série de terme général v indice n converge, alors celle de terme général u indice n converge aussi ; si celle de terme général u indice n diverge, celle de terme général v indice n diverge aussi. Équivalents : si u indice n est équivalent à v indice n quand n tend vers l'infini, les deux séries ont la même nature — convergentes ensemble, ou divergentes ensemble. Ce résultat par équivalents exige que les deux suites soient de signe constant : appliqué à des termes de signe variable, il peut conduire à une conclusion erronée.
Règle de d'Alembert : pour une série à termes strictement positifs, si le rapport u indice n+1 sur u indice n a une limite L, alors L strictement inférieur à 1 entraîne la convergence, L strictement supérieur à 1 entraîne la divergence, et L égal à 1 ne permet aucune conclusion. Règle de Cauchy : mêmes conclusions, en étudiant la limite de la racine n-ième de u indice n. Les deux règles s'appliquent aux mêmes situations, avec une préférence pratique pour d'Alembert quand le terme général contient une factorielle ou un produit, et pour Cauchy quand il contient une puissance n-ième explicite.
Série de terme général 2 puissance n divisé par n factorielle. Le rapport de deux termes consécutifs vaut 2 divisé par (n + 1), qui tend vers 0 quand n tend vers l'infini. La limite est strictement inférieure à 1 : la série converge, par la règle de d'Alembert. Elle est d'ailleurs liée à un développement usuel, puisque sa somme vaut exponentielle de 2, soit environ 7,39.
Confusions fréquentes
- Une limite de 1 dans d'Alembert ou Cauchy ne conclut rien
- Le cas L = 1 est indéterminé : la série de Riemann de terme général 1 sur n donne L = 1 et diverge, tandis que celle de terme général 1 sur n² donne aussi L = 1 mais converge. Il faut alors un autre critère, comparaison ou équivalent.
- Les équivalents supposent un signe constant
- Comparer par équivalent deux termes généraux qui changent de signe peut égarer : la méthode ne s'applique en toute sécurité qu'à des séries à termes positifs, ou après avoir isolé la valeur absolue.
- Convergence absolue et semi-convergence ne sont pas la même chose
- La convergence absolue, quand la série des valeurs absolues converge, entraîne la convergence de la série. La réciproque est inexacte : une série peut converger sans que la série des valeurs absolues converge, elle est alors dite semi-convergente.
- Le critère de Leibniz exige la décroissance, pas seulement la limite nulle
- Un terme général alterné qui tend vers 0 sans décroître en valeur absolue peut échapper au critère de Leibniz ; il faut vérifier les deux conditions, décroissance et limite nulle, avant de conclure à la convergence.
Critère de Leibniz pour une série alternée, de terme général (−1) puissance n multiplié par a indice n, avec a indice n positif : si la suite a indice n décroît et tend vers 0, la série converge. De plus, le reste de la série à partir d'un rang donné est majoré en valeur absolue par le premier terme négligé, et il a le signe de ce terme. Ce résultat donne une majoration explicite de l'erreur commise en tronquant la série à un rang fini, ce qu'aucun des critères précédents ne fournit directement.
Série alternée harmonique, terme général (−1) puissance (n−1) sur n : la suite 1 sur n décroît et tend vers 0, le critère de Leibniz s'applique, la série converge, vers logarithme de 2, soit environ 0,693. La somme des quatre premiers termes vaut 1 − 1 sur 2 + 1 sur 3 − 1 sur 4, soit environ 0,583 ; l'écart avec 0,693 vaut environ 0,110, bien inférieur au premier terme négligé, 1 sur 5, soit 0,2 — la majoration du reste est vérifiée.
Séries entières : rayon, somme, développements usuels
Une série entière est une série de fonctions de terme général a indice n multiplié par x puissance n. Il existe un unique réel R, positif, nul ou infini, appelé rayon de convergence, tel que la série converge absolument pour toute valeur de x dont la valeur absolue est strictement inférieure à R, à l'intérieur du disque de convergence, et diverge hors du disque, pour une valeur absolue de x strictement supérieure à R. Sur le bord, à valeur absolue égale à R, aucune conclusion générale n'est possible : il faut étudier chaque cas séparément, comme le montre l'exemple de la série de terme général x puissance n sur n, qui diverge en x = 1 et converge en x = −1 par le critère de Leibniz. Le rayon se calcule le plus souvent par la règle de d'Alembert : si la valeur absolue du rapport des coefficients consécutifs, a indice n+1 sur a indice n, a une limite ℓ, alors R vaut 1 sur ℓ (infini si ℓ est nulle) ; la valeur absolue est indispensable dès que les coefficients changent de signe, comme ceux du logarithme de (1 + x), dont le rapport tend vers −1. De façon plus générale, la formule de Hadamard, 1 sur R égale la limite supérieure de la racine n-ième de la valeur absolue de a indice n, s'applique même quand la limite simple n'existe pas.
À l'intérieur du disque de convergence, la somme d'une série entière est continue, et même indéfiniment dérivable terme à terme : sa dérivée est la série entière obtenue en dérivant chaque terme, et cette série dérivée a le même rayon de convergence que la série de départ. La même propriété vaut pour la primitive, obtenue par intégration terme à terme. Ce résultat justifie qu'on manipule une série entière, à l'intérieur de son disque, comme une fonction ordinaire : dériver, intégrer, ou identifier deux développements terme à terme.
| Fonction | Développement en série entière | Rayon |
|---|---|---|
| Exponentielle de x | Somme, pour n de 0 à l'infini, de x puissance n sur n factorielle | Infini |
| 1 sur (1 − x) | Somme, pour n de 0 à l'infini, de x puissance n | 1 |
| Logarithme de (1 + x) | Somme, pour n de 1 à l'infini, de (−1) puissance (n − 1), x puissance n, sur n | 1 |
| Sinus de x | Somme, pour n de 0 à l'infini, de (−1) puissance n, x puissance (2n + 1), sur (2n + 1) factorielle | Infini |
| Cosinus de x | Somme, pour n de 0 à l'infini, de (−1) puissance n, x puissance 2n, sur (2n) factorielle | Infini |
Rayon de la série de terme général x puissance n sur n factorielle : le rapport des coefficients, a indice n+1 sur a indice n, vaut 1 sur (n + 1), qui tend vers 0, donc 1 sur R vaut 0 et R est infini — cette série entière converge pour tout x réel, c'est le développement de l'exponentielle. À l'inverse, pour la série de terme général n factorielle multiplié par x puissance n, le rapport des coefficients vaut (n + 1), qui tend vers l'infini : 1 sur R est infini, donc R est nul, la série ne converge qu'au seul point x = 0.
Pour une QRC sur une série numérique : vérifier d'abord la condition nécessaire, puis choisir l'outil selon la forme du terme général — factorielle ou produit vers d'Alembert, puissance n-ième vers Cauchy, terme alterné vers Leibniz. Pour une série entière : calculer R, puis traiter le bord à part si la question le demande.
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Décidez si l’affirmation est vraie ou fausse, puis ouvrez le corrigé.
1.Si une série numérique converge, son terme général tend vers 0.Voir le corrigé
Vrai
C'est la condition nécessaire de convergence, conséquence directe de la définition par les sommes partielles.
2.Si le terme général d'une série tend vers 0, la série converge.Voir le corrigé
Faux
La condition est nécessaire, non suffisante : la série harmonique diverge alors que son terme général tend vers 0.
3.La série géométrique de raison q converge si et seulement si la valeur absolue de q est strictement inférieure à 1.Voir le corrigé
Vrai
Au-delà, le terme général ne tend même pas vers 0 (ou reste constant en valeur absolue) et la série diverge.
4.La série de Riemann de terme général 1 sur n puissance α converge pour tout α strictement positif.Voir le corrigé
Faux
Elle converge seulement pour α strictement supérieur à 1 ; pour α = 1, c'est la série harmonique, divergente.
5.La convergence absolue d'une série entraîne sa convergence.Voir le corrigé
Vrai
La réciproque est fausse : une série peut converger sans que la série de ses valeurs absolues converge, elle est alors semi-convergente.
6.À l'intérieur de son disque de convergence, la somme d'une série entière est toujours indéfiniment dérivable.Voir le corrigé
Vrai
On la dérive terme à terme autant de fois qu'on veut : chaque série dérivée conserve le même rayon de convergence. Elle n'est donc pas seulement continue.
Textes de référence
- Programmes de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe d'inspecteur des finances publiques (QCM et neuf options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Arrêté du 2 mars 2011 fixant les règles d'organisation générale, la nature et le programme des épreuves des concours pour l'accès au grade d'inspecteur des finances publiques (version consolidée, modifiée par l'arrêté du 1er juillet 2024, NOR ECOE2416012A) — Légifrance (nouvel onglet)
- Guide ENFiP — préparer l'épreuve de QCM et de QRC du concours externe d'inspecteur des finances publiques — DGFiP — ENFiP (nouvel onglet)
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