Taux de croissance, coefficient multiplicateur, indices, élasticités, propensions
15 min de lectureAu programme du concours de contrôleur des Finances publiques
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L'élasticité-prix de la demande est, en règle générale, négative.
Le programme de l'option sciences économiques et sociales, interrogée en questions à réponses courtes, ne se limite pas au calcul du coefficient multiplicateur et des indices, déjà traités dans la notion sur les taux d'évolution : il vise aussi les élasticités et les propensions, outils propres à l'analyse de la demande et du revenu. L'élasticité-prix et l'élasticité-revenu mesurent la sensibilité de la demande, les propensions à consommer et à épargner décrivent l'usage du revenu, et la lecture d'un taux de croissance suppose de distinguer le PIB (produit intérieur brut) total du PIB par habitant. Une question à réponse courte peut demander un calcul comme une explication.
À retenir
- L'élasticité-prix de la demande rapporte la variation relative de la quantité demandée à celle du prix ; son signe est presque toujours négatif, conformément à la loi de la demande.
- En valeur absolue, une élasticité-prix supérieure à 1 signale une demande élastique, inférieure à 1 une demande inélastique, égale à 1 une élasticité unitaire qui laisse la recette totale inchangée.
- L'élasticité-revenu de la demande rapporte la variation relative de la quantité demandée à celle du revenu ; son signe distingue bien normal (positif) et bien inférieur (négatif), et une valeur supérieure à 1 signale un bien de luxe.
- La propension moyenne à consommer rapporte toute la consommation au revenu total ; la propension marginale rapporte la variation de consommation à la variation de revenu qui l'a provoquée.
- La propension à consommer et la propension à épargner somment toujours à 1, en moyenne comme en marginal : tout revenu se répartit intégralement entre les deux usages.
- Un taux de croissance économique se lit en volume pour isoler l'évolution réelle de la production ; rapporté à la population, le PIB par habitant est le bon indicateur du niveau de vie moyen.
L'élasticité-prix de la demande
L'élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix : elle rapporte la variation relative de la quantité à la variation relative du prix qui l'a provoquée. Conformément à la loi de la demande, la quantité demandée évolue en sens inverse du prix, si bien que cette élasticité est presque toujours négative ; c'est sa valeur absolue qui indique l'ampleur de la réaction.
Le prix d'un service augmente de 20 % et la quantité demandée recule de 10 %. L'élasticité-prix vaut -10 % ÷ 20 % = -0,5 : en valeur absolue, 0,5 est inférieur à 1, la demande est donc peu sensible au prix.
| Valeur absolue | Qualification | Effet d'une hausse de prix sur la recette totale |
|---|---|---|
| Inférieure à 1 | Demande inélastique | La recette totale augmente : la baisse de quantité ne compense pas la hausse de prix |
| Égale à 1 | Élasticité unitaire | La recette totale reste inchangée |
| Supérieure à 1 | Demande élastique | La recette totale diminue : la baisse de quantité l'emporte sur la hausse de prix |
L'élasticité-revenu et la nature des biens
L'élasticité-revenu de la demande rapporte la variation relative de la quantité demandée à la variation relative du revenu des ménages. Son signe renseigne sur la nature du bien : positif pour un bien normal, dont la demande progresse avec le revenu ; négatif pour un bien inférieur, dont la demande recule quand le revenu augmente. Parmi les biens normaux, une valeur supérieure à 1 signale un bien de luxe, dont la demande croît plus vite que le revenu.
| Élasticité-revenu | Type de bien | Exemple |
|---|---|---|
| Négative | Bien inférieur | Pâtes premier prix, dont la demande recule quand le revenu augmente |
| Entre 0 et 1 | Bien normal de première nécessité | Alimentation courante, dont la demande progresse moins vite que le revenu |
| Supérieure à 1 | Bien de luxe (bien supérieur) | Voyages à l'étranger, dont la demande progresse plus vite que le revenu |
Le revenu des ménages augmente de 10 % et la quantité demandée de voyages à l'étranger augmente de 15 %. L'élasticité-revenu vaut 15 % ÷ 10 % = 1,5 : supérieure à 1, elle signale un bien de luxe.
Confusions fréquentes
- Élasticité-prix et élasticité-revenu ne renseignent pas la même chose
- L'élasticité-prix décrit la sensibilité au prix, quel que soit le bien ; seule l'élasticité-revenu renseigne sur la nature du bien, normal, inférieur ou de luxe.
- Bien normal n'est pas synonyme de bien de luxe
- Un bien normal a une élasticité-revenu positive, mais seule une valeur supérieure à 1 en fait un bien de luxe ; entre 0 et 1, la demande progresse moins vite que le revenu.
- Le signe de l'élasticité-prix ne dit rien du type de bien
- Une élasticité-prix négative est la règle générale pour presque tous les biens ; elle ne distingue pas un bien normal d'un bien inférieur, contrairement à l'élasticité-revenu.
- Une élasticité proche de zéro n'est pas une élasticité négative
- Une demande peu sensible au prix ou au revenu a une élasticité proche de zéro, positive ou négative : le signe et l'ampleur sont deux informations distinctes.
Propension à consommer, propension à épargner
La propension moyenne à consommer rapporte l'ensemble de la consommation d'un ménage à son revenu total ; la propension moyenne à épargner rapporte l'épargne au même revenu, et les deux somment à 1. La propension marginale à consommer rapporte la variation de la consommation à la variation de revenu qui l'a provoquée ; la propension marginale à épargner en est le complément, et les deux marginales somment également à 1.
Un ménage dispose d'un revenu de 2 000 € et consomme 1 600 € : sa propension moyenne à consommer vaut 1 600 ÷ 2 000 = 0,80, sa propension moyenne à épargner 0,20. Son revenu passe ensuite à 2 200 € et sa consommation à 1 750 € : sa propension marginale à consommer vaut 150 ÷ 200 = 0,75, sa propension marginale à épargner 0,25.
| Grandeur | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Propension moyenne à consommer | 1 600 ÷ 2 000 | 0,80 |
| Propension moyenne à épargner | 400 ÷ 2 000 | 0,20 |
| Propension marginale à consommer | 150 ÷ 200 | 0,75 |
| Propension marginale à épargner | 50 ÷ 200 | 0,25 |
Pour vérifier un calcul de propensions, additionner toujours le couple homogène : les deux moyennes entre elles, les deux marginales entre elles. Le résultat doit valoir 1 dans les deux cas.
Lire économiquement un taux de croissance
Le taux de croissance économique est le taux de variation du produit intérieur brut : il se calcule en volume, c'est-à-dire après avoir retiré l'effet de la hausse des prix, pour isoler l'évolution réelle de la production. La mécanique de ce calcul, par coefficients et déflateur, est détaillée dans la notion sur la valeur, le volume, le nominal et le réel ; ce qui compte ici est la lecture économique du résultat.
Un PIB en valeur qui progresse de 4 % quand les prix augmentent de 2,5 % ne traduit pas une activité réelle en hausse de 4 % : une partie de cette progression n'est que de l'inflation.
Pour lire un taux de croissance, distinguer systématiquement la croissance du PIB total, qui dépend aussi de la démographie, et la croissance du PIB par habitant, seul indicateur pertinent du niveau de vie moyen : un PIB total en hausse peut coexister avec un niveau de vie stagnant si la population croît au même rythme.
Les sigles de la fiche
- PIB
- produit intérieur brut
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1.L'élasticité-prix de la demande est, en règle générale, négative.Voir le corrigé
Vrai
La loi de la demande veut que la quantité demandée varie en sens inverse du prix, d'où un signe négatif presque systématique.
2.Une élasticité-prix supérieure à 1 en valeur absolue caractérise une demande inélastique.Voir le corrigé
Faux
C'est l'inverse : au-delà de 1 en valeur absolue, la demande est dite élastique, la quantité réagissant plus que proportionnellement au prix.
3.Une élasticité-revenu négative caractérise un bien inférieur.Voir le corrigé
Vrai
La demande d'un bien inférieur recule quand le revenu augmente, ce que traduit un signe négatif de l'élasticité-revenu.
4.La propension moyenne et la propension marginale à consommer sont toujours égales.Voir le corrigé
Faux
Elles coïncident rarement : la marginale mesure la réaction à un supplément de revenu, la moyenne rapporte toute la consommation au revenu total.
5.La somme de la propension à consommer et de la propension à épargner, moyennes ou marginales, vaut toujours 1.Voir le corrigé
Vrai
Tout revenu, ou tout supplément de revenu, se répartit intégralement entre consommation et épargne.
6.Un PIB total en hausse garantit une hausse du niveau de vie moyen de la population.Voir le corrigé
Faux
Si la population croît au même rythme que le PIB, le PIB par habitant reste stable et le niveau de vie moyen ne progresse pas.
Textes de référence
- Programme de l'épreuve écrite n° 2 d'admissibilité du concours externe de contrôleur des finances publiques (QCM et cinq options de QRC) — DGFiP — economie.gouv.fr (nouvel onglet)
- Insee — statistiques et chiffres clés (population, emploi, prix) — Insee (nouvel onglet)
- Fiches thématiques vie-publique.fr (institutions, finances publiques, Union européenne) — DILA — vie-publique.fr (nouvel onglet)
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